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# Posté le mardi 20 octobre 2009 16:17

Elle est de ces divinités qui se sont données la mort. 2008. Ruslana Korshunova. Pourquoi.

# Posté le samedi 03 octobre 2009 11:09

Je me souviens. J'étais jeune. Faible. Solitaire et perdue. Je m'accrochais aux bras du monstre. Mentir. Maigrir. Maigrir. Ces mots cognaient en ma tête. Maigrir. Telle était ma dictature. J'étais un légume. Un fin. Un joli légume. Un très fin. Je savourais mes pertes d'équilibre. Le fruit d'une victoire. J'aimais le vide. Dans mon ventre, dans mon regard, et sous mes pas. J'aimais l'extrême. Quand mes paupières papillonnaient; quand je quittais la terre des brutes. J'étais devenue insociable . Je savourais ma liberté. Etre légère et plate comme un enfant. J'appréciais. Sentir mes côtes , les os de mon bassin, mes si petits poignets. J'appréciais. Entendre l'eau chuter librement dans mon corps. La blancheur de ma peau, et le vacillement de l'aiguille. J'avais cette peur. Qu'elle me dénonce. Que le téléphone sonne un jour. Que la vérité m'affronte brutalement. J'avais peur . Peur de croiser mon reflet. Peur de manger, peur de mâcher. J'ai détesté ce que j'étais. Longtemps. J'ai détesté la vie. Et la dame noire qui l'avait emporté. Et l'ignorance de l'être aimé. J'ai si souvent pleuré. Comme une gosse . Incapable d'atteindre les astres. J'ai si souvent chuté. Comme une vieillarde. Incapable de marcher droit. J'avais voulu , être un plume, puis un nuage. Un des plus blancs. Un des plus purs. Comme l'innocente en quête d'un rêve. C'était il y a un an. Je suis un soldat . Un qui se bat contre lui-même. J'ai repris dix kilos. Je me souviens. Et j'y repense . Avec le même désir. Et j'y repense ;et je regrette.

# Posté le mardi 29 septembre 2009 16:41

Modifié le dimanche 04 octobre 2009 07:17

Les trains repartent ... ces trains qui partent avec nos peaux. Ces wagons là feront mes larmes, monsieur. Je détesterai le son des rails. Je détesterai les voyageurs. Et les minutes qui s'agripperont à nos chevilles . La grande horloge nous guettera, et l'écho des tic-tac, et cette valse qui hante les halls, ils me rendront folle. Ils nous rendront fous, tous deux. Vous entendrez la sonnerie. Une note stridente sonnant l'au revoir. La foule nous perdra. Vous croiserez des vagabonds, venus de loin ; des hommes, des femmes, à gauche, à droite, des gosses qui crient, des vieux qui rêvent ; et deux amants qui pleureront ; et vous et moi , raides comme les murs, ne sachant plus s'il faut partir, prier, ou juste, ou juste nous enlacer, fortement, l'un contre l'autre, comme un adieu qui nous peinera, comme un grand cri qui tremblera ; revenez-moi vite, monsieur. Avant que nos sanglots ne recouvrent les terres des hommes. Revenez-moi vite ,monsieur.

# Posté le jeudi 17 septembre 2009 10:21

Je vais bien. Je vais physiquement bien. Je m'enterre au crépuscule, et retrouve au petit matin, titubant, à l'abandon, un moi hurlant . J'emprisonne ma douleur. Un mal, plus un mal , plus un mal. Les reflets me parlent du passé. Les monstres autrefois vaincus brandissent désormais leurs lances. Ca cogne en mon poux comme un arrêt qui saigne d'injustice. Comme un arrêt froid qui signe la fin. Je suis migraineuse. Et je gronde, et je tonne.

# Posté le mardi 15 septembre 2009 15:26

A celle, à celle qui savait tous mes maux. J'aimerai chanter ma nostalgie. Les rires fous du passé. Les nuits pleines d'étoiles, l'oeil ouvert. Nos bordels capillaires. Nos escapades dans les champs, dans les grottes, et vieux cimetières de la forêt. Nos vieilles conneries d'époques, qui ont vieillies mais que je garde en mes poches. A celle. A qui j'ai si souvent pensé, à qui je pense encore, chaque matin, chaque midi, et chaque soir. Je mange en ses paroles. Je mange, je remange, et je mange encore. J'aurai aimé qu'elle sâche. J'ai tué les monstres, j'ai tué la voix. Les remords me hantent, mais j'ai tué. Je les ai tous tués. Dame soleil, je prie le ciel. Une forte pluie pour lessiver les mauvais mots. Un grand orage pour assomer les pourquoi.

# Posté le mercredi 19 août 2009 10:50